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La fraude ne disparaît pas, elle change de visage.

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En résumé

Le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) met en évidence une évolution majeure : la fraude globale se stabilise, mais sa physionomie change profondément.

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Des usages en mutation

Les paiements scripturaux poursuivent leur progression : +6 % en volume et +5 % en valeur sur un an.

Le paiement par carte continue de croître (+7,8 %), dont 41 % via mobile. Le virement confirme sa montée en puissance (+5,4 % en volume), porté par l’explosion des virements instantanés (+70 % depuis la gratuité instaurée en janvier 2025). Le chèque, à l’inverse, poursuit son déclin (-15 % en valeur).

Source : Cryptoast

Une baisse des fraudes techniques…

La fraude à la carte bancaire recule. Le taux de fraude atteint 0,048 %, son plus bas niveau historique, contre 0,07 % en 2020. Ces résultats traduisent l’efficacité des dispositifs de sécurisation (authentification forte, 3D Secure, monitoring).

… mais une forte progression des fraudes par manipulation

Dans le même temps, les escroqueries reposant sur l’ingénierie sociale progressent fortement.

Au premier semestre 2025 :

  • 245 M€ ont été détournés via des fraudes par manipulation
  • Soit +37 % en montant sur un an
  • Sur les virements, la progression atteint +50 %
  • La part de la fraude par manipulation est passée de 28 % en 2022 à 40 % en 2025

La fraude ne contourne plus le système. Elle vise à tromper le payeur.

Source : Cryptoast

Un risque majeur pour les bailleurs sociaux

Le secteur du logement est particulièrement exposé. Voici les scénarios observés :

  • Faux changement de RIB
  • Usurpation d’identité via email ou SMS
  • Reproduction d’interfaces de paiement

Le locataire initie lui-même le virement frauduleux. Lorsque le paiement est exécuté, notamment par virement, les recours sont limités.

Les conséquences pour le bailleur sont lourdes :

  • Préjudice financier
  • Dégradation de la confiance
  • Impact sur la collecte
  • Risque d’industrialisation des attaques

Quels sont les leviers activer ?

1) La VoP (Verification of Payee)

La généralisation progressive de la vérification du bénéficiaire impose aux PSP de contrôler la cohérence entre nom et IBAN et d’en informer le payeur avant exécution. C’est une avancée structurante. Mais elle ne sécurise pas, à elle seule, le contexte.

2) La contextualisation des parcours

Plus un paiement est relié au contrat (référence, adresse, historique), plus il devient difficile à imiter. La sécurité doit être intégrée à l’expérience.

3) La sensibilisation

Informer régulièrement locataires et équipes sur les risques liés au paiement et les bons réflexes à adopter reste indispensable.

Changement de paradigme

Après une décennie centrée sur la sécurisation technique, l’enjeu devient la sécurisation de la décision. Pour les bailleurs sociaux, cela implique des solutions interopérables avec leurs outils métiers et une approche intégrée de la prévention. La sécurité ne doit plus être une couche ajoutée. Elle doit être consubstantielle à l’expérience de paiement.

Auteur
Julian Philip
Publié le
4.2.2026
Dans cet article
La situation avant Piloc

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